Quand économie rime avec écologie...

La réglementation de l’élevage du Trotteur français a la particularité d’être très encadrée, donc très contraignante, et d’imposer de nombreuses interdictions. Nous relevons à l’article 7 du règlement du Stud-book du Trotteur Français, dont la dernière mouture a été approuvée par le Ministre en charge de l’agriculture le 27 juin 2008, les dispositions suivantes :

« Seuls peuvent être inscrits au Stud-book du Trotteur Français les produits qui outre les conditions énumérées à l’article 4 n’ont pas été conçus par semence transportée... » (sic).

Cela impose, à tout éleveur décidant de mettre une jument à la reproduction, de la transporter au lieu où est stationné l’étalon. Précisons que bien souvent le poulain de cette jument, âgé d’environ une à quatre semaines, sera également du voyage. 

Le vagabondage des juments !

Les statistiques de la monte 2007 en race Trotteur Français, mises à disposition sur le web par les Haras Nationaux, montrent que la moitié des étalons résident en région Basse-Normandie et officient sur près des deux tiers des juments TF de l’hexagone. On découvre précisément que 4638 juments saillies dans cette région viennent de l’extérieur, soit un peu plus du quart des juments de l’hexagone ! À titre d’exemple, remarquons que la région Centre envoie 493 juments sur 592 à la reproduction hors de ses frontières. La Bretagne en déplace 593 sur 755 tandis que c’en sont 212 sur 279 pour l’Aquitaine...

Cette interdiction génère donc d’importants mouvements de juments. À partir des statistiques concernant l’ensemble des régions françaises, nous avons tenté de quantifier ce que peuvent représenter ces déplacements. Il en résulte que la distance moyenne qui sépare une jument de l’étalon auquel elle est promise peut être estimée à 209 km. Nous avons admis que, pour la mise à la reproduction d’une jument, il fallait réaliser 2 voyages, soit 4 trajets, du lieu de résidence de la jument au haras où stationne l’étalon. Cette hypothèse est valable, aussi bien dans le cas où la jument va en pension au haras ou à proximité et en revient après un diagnostic de gestation positif, que dans le cas où elle fait un aller et retour par œstrus, 2 voyages étant la situation moyenne. Avec ces éléments, nous aboutissons à une estimation moyenne de ces déplacements par jument et par an de 836 km.

Les techniques disponibles

En fonction du mode de conservation de la semence, il existe aujourd’hui trois techniques utilisables, à savoir :

1.   la semence fraîche diluée ou non et utilisée immédiatement après la collecte, la jument étant stationnée au même endroit que l’étalon donneur,

2.    la semence réfrigérée à 4 °C, diluée, conditionnée, ce qui autorise son transport, dans un contenant isolant et adapté. Elle est utilisable 24 à 48 H (selon les étalons), permettant ainsi une expédition dans toute la France et les pays limitrophes,

3.    la semence congelée à -196 °C par immersion dans l’azote liquide, diluée, conditionnée en paillettes. Elle est expédiée dans des récipients spécifiques, type vase de Dewar. Cette technique permet une très longue conservation qui se chiffre en années. Son expédition ne pose plus de problèmes de délais et assouplit les conditions de travail.

Les deux dernières techniques, qui permettent le transport de ce sperme, évitent donc le déplacement de la jument au haras. D’autres races équines utilisent avec bonheur cette possibilité. En effet, sur 10 820 juments « Selle Français A » mises à la reproduction en 2006, 8 923 ont eu recours à l’insémination artificielle dont 19 % en sperme frais sur place et le reste, soit 81 %, en semence réfrigérée ou congelée (3 256 pour la première technique et 3 929 pour la seconde). Compte tenu du fait que quelques inséminations sur place sont réalisées en sperme réfrigéré, ce sont près de 80 % des inséminations en « Selle Français A » qui bénéficient du transport. Notons au passage que la fertilité apparente, mesurée par les Haras Nationaux, était de 59 % en sperme frais sur place, 58 % pour le réfrigéré et 62 % pour le congelé. Ces résultats sont par défaut puisque l’absence de déclaration de l’éleveur est considérée comme un échec. De l’avis des spécialistes, qui ont mesuré la fertilité comparée de la semence préparée selon les différentes techniques en enregistrant de façon exhaustive les résultats, une différence de 4 à 5 points du pourcentage de fertilité par œstrus en faveur de la semence fraîche par rapport au réfrigéré et au congelé est admise. Cette différence s’estompe si l’on considère la fertilité par saison de monte.

Il est évident que si cette pratique du transport du sperme a pris un tel essor chez le Selle Français où elle est autorisée, c’est qu’elle apporte une véritable amélioration par rapport au dispositif archaïque du transport de la jument, tout en garantissant une fertilité équivalente en fin de saison.

Pourquoi alors une telle interdiction en Trotteur Français ?

On peut légitimement se poser la question de la ou des raisons qui justifient cette contrainte. Des tentatives de réponses existent dans le plaidoyer pour « LA DÉFENSE DE LA RACE DU TROTTEUR FRANÇAIS » (sic) diffusé par la SECF dans une plaquette remise aux participants des réunions régionales de l‘automne 2006.

Concernant la semence transportée, nous relevons les arguments suivants que nous analysons un à un :

« Au plan zootechnique » (sic) : maintenir la diversité du cheptel et lutter contre la consanguinité. Cette position est paradoxale. En effet, le transport du sperme, qui assouplit les contraintes de distances, favorise les échanges et devrait permettre plus de variété dans les accouplements. Affranchir les éleveurs de la contrainte des distances ne peut que donner plus de liberté pour gérer les exigences de choix relatives au potentiel génétique et à l’adéquation entre les pedigrees de l’étalon et de la jument. Afin de lutter contre la consanguinité, l’instance en charge du Stud-book TF serait mieux inspirée de développer, par exemple, les 3 actions suivantes :

 

« Au plan économique et juridique » (sic) : il s’agit essentiellement de protéger les haras et les établissements qui vendent de la pension de juments. Remarquons que les établissements qui pratiquent de « l’hôtellerie équine » sous forme de pension temporaire verraient cette activité diminuer, celle-ci pouvant se transformer partiellement en pension permanente pour les éleveurs sans sol. Quant à la stricte activité d’étalonnier, il y aurait également modification de la nature des prestations, mais sans pour autant induire une diminution. Le haras devrait être capable de préparer de la semence réfrigérée et/ou congelée et d’en faire l’expédition. Par ailleurs, les inséminations non réalisées et correspondant aux semences expédiées ne diminueraient pas les recettes. De plus, des semences reçues de l’extérieur seraient à mettre en place. Ce nouveau dispositif serait globalement favorable pour les haras et privilégierait particulièrement ceux disposant d’étalons valables ainsi que de capacités techniques et logistiques. L’adoption de pratiques utiles à la filière ne devrait pas pouvoir être entravée par d’artificielles protections.

« Au plan de l’élevage » (sic) : interdire le transport de la semence est considéré comme une particularité utile à la race ! Dans le document de la SECF susvisé nous relevons comme credo : «... pas de réintégration dans le Stud-book des produits conçus par sperme congelé à l’étranger... » (sic). Il faut signaler que l’actuelle interdiction du transport de sperme n’empêche pas l’exportation de semence de nos meilleurs étalons qui, parfois, engendrent plus de naissances à l’étranger qu’en France ! Précisons que ces produits s’inscrivent dans les stud-books de destination de la semence. Avec ou sans interdiction, la situation sera inchangée, les juments étant généralement étrangères. Par ailleurs, constatons que la position de la SECF est pour le moins ambiguë lorsque l’on connait sa politique de développement de l’exportation de juments et d’étalons ainsi que la signature de conventions pour produire des sujets Trotteurs Français à l’étranger ! De telles conventions ont été signées dans 15 pays (voir TROT INFOS N°51 octobre 2008). La victoire à REIMS le 28 juin dernier de RULETKA, pouliche TF née chez M Alexander VOROBIJ en UKRAINE, en est un exemple concret. Nous ne critiquons pas ce projet de convention mais sommes interpellés par le manque de cohérence avec les objectifs poursuivis et communiqués par le credo susmentionné ainsi qu’avec la politique de réduction des naissances en France.

Dans ce contexte, que ce soit le maintien de la particularité de la race avec les règles spécifiques du Stud-book, la diminution des naissances ou le maintien d’un berceau de race, nous laissons le soin au lecteur d’apprécier la valeur de ces arguments...

 

« Au plan des courses » (sic) : le maintien de la spécificité du Trotteur Français afin d’éviter le pillage de nos allocations par les étrangers. L’objectif est méritoire mais les moyens sont-ils à la hauteur ?

Si la spécificité du Trotteur Français est la qualité de ses performances sur longues distances, c’est un excellent moyen de limiter ce pillage mais ce n’est pas l’interdiction du transport de la semence qui lui conférera cette qualité.

Nous lisons, dans le magazine TOP TROT N°6 de juillet-août 2005, sous la plume du Président de la SECF : « En France, nous avons la chance d’avoir un trotteur spécifique et reconnu comme tel depuis le 19e siècle par rapport au standardbred, justement parce que nous avons choisi une sélection sur les longues distances et que nous avons conservé les courses de trot monté, tout en maintenant une pluralité de configuration de pistes, ce qui est à l’opposé du schéma de la sélection du standardbred » (sic).

Que dire alors des résultats obtenus par les quelques étrangers participant aux épreuves qui sont la spécificité du Trotteur Français ? Sur les 2 700 m du PRIX D’AMÉRIQUE de cette année, OPAL VIKING décroche un premier accessit. Même résultat pour EXPLOIT CAF sur les 4 150 m du PRIX DE PARIS le 17 février. Au monté, relevons la victoire de HOT TUB le 10 mai et une seconde place de RITE ON TRACK le 21 septembre sur respectivement 2 700 et 2 850 m à VINCENNES. Tout récemment, UNICO LIMBURGIA s’illustre par ses victoires le 24 octobre puis le 21 novembre sur 2 850 m à VINCENNES. Il n’est donc pas raisonnable de considérer l’aptitude au trot monté et aux longues distances comme une spécificité du Trotteur Français.

Nous savons très bien que si la filière française du trot craint, à juste titre, la concurrence des étrangers pour venir moissonner nos allocations, c’est que la qualité génétique de leurs performers est à la hauteur. La meilleure défense de nos intérêts ne serait-elle pas la mise en place d’un véritable programme d’amélioration génétique sur des bases rationnelles avec l’appui de scientifiques ?

Si la spécificité du Trotteur Français est une simple disposition règlementaire, il faut  bien chercher le sérieux de cet argument. C’est aussi peu convaincant que d’inventer, par exemple, une spécificité du Trotteur Français sur la composition du dilueur du sperme ou du mode de contention des juments ! En la matière, que change le fait que la jument soit inséminée dans son élevage ou à côté de l’étalon ?

Une voie de progrès et la voix de l’intérêt général

Il est évident que l’option transport du sperme accessible à tout éleveur de trotteurs de l’hexagone apporterait une salutaire égalité des chances quelle que soit la région ainsi qu’une grande facilité de travail. Il est également évident que, comme nous l’avons montré ci-dessus, le transport du sperme ne modifierait pas globalement l’équilibre économique des haras et pourrait plutôt favoriser les plus compétents.

Examinons en détail les autres conséquences d’une telle évolution.

Économie et gain de temps

Pour l’éleveur, la première conséquence de ne plus devoir emmener la jument à l’étalon est une réduction drastique des déplacements. Dans certains cas, il en subsistera pour le suivi gynécologique et l’insémination à l’établissement compétent le plus proche. Nous estimons que ce déplacement a une incidence moyenne de 60 km par jument et par an. Ainsi, les transports réellement économisés sont de 836 km, selon le calcul explicité ci avant, moins 60 km, soit 776 km. Si l’on retient un coût minimum de 0,90 € du km, véhicule plus temps, l’économie peut se chiffrer en moyenne à 698 € par jument et par an. Il faut en déduire les frais d’expédition de la semence et de l’acte insémination qui se chiffrent à environ 200 €. En la matière, l’économie nette par an et par jument, pour l’éleveur, est donc de 498 €.

La santé avant tout

Il est bien difficile de mesurer les conséquences de cette « transhumance » en termes de santé animale. Le stress du voyage, de même que les contacts avec des chevaux autres que ceux du groupe habituel, favorisent les pathologies infectieuses. Ce dernier risque est maximum lorsque la jument et surtout son jeune poulain sont mis en pension dans un milieu auquel leur système immunitaire n’a pas été préparé. Nous savons combien les poumons et les intestins de nos poulains sont fragiles et parfois la cible de germes plus ou moins banals que les circonstances rendent pathogènes. Nos petits protégés payent un lourd tribut aux streptocoques, salmonelles, rotavirus et autres corynébactéries. La rhodococcose est un exemple démonstratif. Saurons-nous combien de poulains, touchés par une infection pulmonaire plus ou moins discrète et guérie, auront à jamais diminué leur capacité d’endurance et entravé gravement leur carrière sportive ? Par ailleurs, l’épidémie d’Artérite Virale Équine de 2007 nous a fait prendre la mesure des risques qu’induisent les déplacements d’animaux. Les conséquences économiques, notamment en frais vétérinaires, en perte de poulains et plus sournoisement en dépression de performances sportives, sont probablement plus importantes que la simple économie sur les déplacements, pourtant significative. De toute évidence, réduire autant que faire se peut les déplacements et les contacts représente la voie de la sagesse.

Le bien-être animal

La plupart des éleveurs ressentent combien le transport des juments et de leur poulain représente une contrainte mal vécue pour les animaux. Combien d’entre nous multiplient les arrêts pour surveiller, reposer, faciliter la tétée ou abreuver la jument. Aujourd’hui, ce sentiment intuitif est officialisé par une règlementation initiée par l’Europe dans le cadre de ses préoccupations en matière de bien-être animal. Dans certains cas, il n’est plus possible de transporter un poulain de moins de 8 jours et donc la saillie sur œstrus post-partum devient impossible si la jument a pouliné à l’élevage. De lourdes contraintes administratives s’imposent et viennent donc accroître la difficulté des éleveurs pour la mise à la reproduction à l’étalon choisi.

Un peu d’écologie

Enfin, réalisons que si 16 000 juments de race TF parcourent en moyenne 776 km chacune, cela occasionne en une année plus de 12,4 millions de km inutiles, pour la simple mise à la reproduction. À raison de 231 g de CO2/km, cette fantaisie règlementaire représente la production de 2 870 tonnes de gaz carbonique. Il n’y a pas de petits efforts pour réduire notre consommation énergétique et la production de gaz à effet de serre. Comment l’élevage, qui se veut être une activité écologique, peut-il gratuitement gaspiller autant d’énergie et générer une telle pollution ?

Le choix de la raison pour la filière

Le bilan du choix opérationnel est sans appel. Les éleveurs de Selle Français ont montré l’exemple et ont plébiscité, par son développement, une pratique induisant une amélioration notoire des conditions d’élevage. Cette évolution ne peut que rendre les éleveurs plus performants et donc favoriser la filière du trot français face à ses concurrents étrangers, a fortiori dans un contexte économique difficile avec des perspectives d’évolution défavorables du coût du temps de travail et de l’énergie.

Les atteintes que les activités humaines portent habituellement à l’environnement sont généralement conséquence de l’emploi de techniques qui en facilitent la réalisation (déplacements, chauffage, communications, etc.). Dans le cas qui nous concerne, au contraire, facilité rime avec écologie !

Gageons que cet heureux mariage de l’économie et de l’écologie puisse enfin toucher les décideurs.

Le Président, Jacques BOULLY, le 5 décembre 2008.

*************

Qui gagne a toujours bien joué ! *

À entendre leurs soupirs, il est clair que les éleveurs ont conscience de la difficulté de « leur métier ». Précisons quelques données actuelles à la lumière de statistiques sur données arrêtées au 28 février dernier. La première étape que représente la qualification évolue comme suit :

Année de

naissance

Lettre

Effectif total

Nombre de qualifiés

% qualifiés

2003

P

10 954

4 305

39

2004

Q

10 595

4 422

42

2005

R

10 817

4 338

40

2006

S

10 997

2 362

21

Les effectifs de la génération des M née en 2000, qui se trouvent donc en fin de carrière, passant certains seuils de gains, parlent d’eux-mêmes :

Seuil de gains en €

Effectif

%

150 000

227

2

40 000

1 144

10

Supérieur à 0

3 803

33

Tous

11 467

100

L’effectif des naissances de 2003 à 2006 frise les 11 000, sans diminuer, et le taux de produits qualifiés se maintient autour de 40 %. Le plus illustre des 11 467 sujets de la génération des M, MEAULNES DU CORTA, est riche de 2 228 260 €, écrasant les quelques 14 406 € que représente la moyenne des gains de cette population. Si un tiers d’entre eux dispose de gains, seuls 10 % passent les 40 000 € que l’on peut considérer comme le seuil de rentabilité pour l’éleveur. Quant au seuil des 150 000 €, il n’est franchi que par 2 % de la génération. Nous apprécions donc la juste mesure de la sévérité de cette filière.

Il s’agit d’une compétition sportive, mettant à rude épreuve les athlètes, dont la barre est mise très haut et qui ne permet qu’à un faible pourcentage des meilleurs d’assurer des recettes suffisantes pour couvrir les dépenses. Notons que le système drastique de décroissance des gains selon la place (1, ½, ¼...) génère une importante différence entre les premiers et les derniers encore dans l’argent.

La contre-performance d’un compétiteur a pour origine l’ensemble des facteurs : élevage, entraînement, « drive », ainsi que potentiel génétique global. Les vétérinaires qui examinent les chevaux en difficulté signalent, selon l’importance décroissante, les désordres suivants :

Les problèmes de locomotion ayant pour origine les articulations (rachis, douleur sacro-iliaque conséquence de l’effort de torsion caractéristique du trot), les tendinites (fléchisseur du doigt) et diverses pathologies du pied.

Les difficultés respiratoires des voies supérieures (hémiplégie du larynx, abaissement du voile du palais) et des voies profondes (hémorragies et infections).

D’autres problèmes plus variés ayant pour origine le cœur, l’estomac (ulcère) ou les muscles.

Ce tableau ne peut qu’inciter l’éleveur à beaucoup de rigueur dans son travail, tant dans la conduite de l’élevage, le choix de l’entraîneur ou de l’acheteur de ses produits, que dans ses accouplements. Au commencement est le choix des géniteurs dont nous précisons régulièrement, dans cette lettre, les caractéristiques minimales. Nous sommes bien placés pour savoir que l’application de la théorie n’est pas toujours aisée mais chacun peut tendre vers une orientation plus productive de succès. L’article relatif à la consanguinité du présent AtouTrot est une pierre supplémentaire apportée à notre connaissance du sujet. La réussite est au bout d’un long cheminement au cours duquel il ne faut rien négliger, tout en sachant hiérarchiser les priorités.

Le hasard peut octroyer une fois la réussite, la compétence vous l’assurera plusieurs fois !

Le Président, Jacques BOULLY (AtouTrot N°21 d’avril 2009).

* Cité par G.Herbert, 1651.

*************

Le règlement nouveau est arrivé !

Rappelons que les dispositions qui encadrent l’élevage du Trotteur Français font l’objet d’un règlement officialisé par un arrêté ministériel validant le texte élaboré par la SECF, en charge du stud-book.

Le Ministère de l’Agriculture vient d’approuver, le 27 juin dernier, un nouveau règlement dont les effets pour 2009 sont capitaux, en particulier concernant l’autorisation d’une femelle à reproduire. Constatons la précocité de cette parution, car le plus souvent nous n’en prenions connaissance qu’en janvier ou février de l’année concernée. 

Nous ne nous étendrons pas ici sur la médiocrité inutilement complexe de ces dispositions que nous avons déjà eu l’occasion de relever.

Arrêtons-nous sur le barème de catégorisation des juments, applicable en 2009, pour confirmer celles-ci et donc les autoriser ou autoriser leurs filles à reproduire, dans un certain nombre de cas. Ce barème figure dans la présente lettre, à l’article : « Comprendre les effets de la catégorisation », page 4.

Habitués que nous sommes à subir l’inflation des dispositions sur lesquelles il est collé « rustine sur rustine » d’année en année, relevons ce qui a changé dans la dernière mouture de ce barème de catégorisation par rapport à la précédente du 25 janvier 2008, à savoir :

Quels effets peut-on prévoir d’une telle évolution de ce barème ? Tout dépend de la situation du record concerné. Considérons les trois situations suivantes :

 Globalement, les dispositions de l’année 2009 relâchent donc l’étreinte.

Comment interpréter une telle évolution ? S’agit-il d’un lapsus calami ? Est-ce l’aveu d’une erreur d’orientation qui a nécessité ce coup de barre ? Les concepteurs de ce règlement ont-ils expérimenté, dans leur propre élevage, la sévérité absurde de telles dispositions ? Je laisse le soin au lecteur de trouver la réponse...

 Le Président, Jacques BOULLY  (AtouTrot N°18 de septembre 2008)

*************

Qui demande timidement, enseigne à refuser ! (1)

Le GEMTROT vient de soumettre au nouveau Ministre chargé de l’Agriculture un dossier explicite et vigoureux sur les aberrations de l’actuelle réglementation de l’élevage du Trotteur Français et de l’organisation de la SECF en qualité de stud-book. Nous avons mentionné :

Il est évident que certaines de ces dispositions sont en infraction vis-à-vis de la législation concernant le statut associatif d’une part et concernant les organisations d’éleveurs chargées de l’amélioration génétique d’une race d’autre part.

Nous comptons sur l’énergie rénovatrice affichée par ce gouvernement pour reconstruire le cadre que la filière mérite.

*************

Quand les bœufs vont à deux, le labourage en va mieux ! (2)

La collaboration entre le GAET et le GEMTROT, afin d’obtenir une évolution favorable de la réglementation de l’élevage du Trotteur, se confirme et vient de se concrétiser. Nous avons participé à deux des réunions régionales du GAET afin de démontrer la pertinence de nos critiques relatives à la réglementation de l’élevage. La grande majorité des éleveurs présents confirme le bien-fondé de nos interventions et soutient l’action qui vise à faire évoluer la réglementation en ce sens. Ces réunions ont permis de montrer que, derrière un apparent silence, se cache un refus par la base de la « loi du plus fort ». Il est apparu que seule la mobilisation des éleveurs regroupés pourrait avoir gain de cause.

Affaire à suivre...

En attendant et parallèlement à cette action politique, le GEMTROT poursuit son travail technique dans le but d’améliorer les résultats de ses adhérents. Rendez-vous à la prochaine réunion technique de cet automne et dans le dernier numéro de l’année de l’AtouTrot qui sera, comme de coutume, spécialement dédié aux étalons de la monte 2008. 

Le Président, Jacques BOULLY  (AtouTrot N°14 d’octobre 2007) 

(1) Sénèque, 60 après J.C.

(2) Michel Jean Sedaine, 1752

*************

Textes parus antérieurement (pour lire, cliquez sur le titre) :

Qu’est-ce qui fait le prix d’un yearling ? (décembre 2006)

L'art de se faire tailler des croupières (juillet 2006)

Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures (juin 2005)

Le mirage du clonage (juin 2005)

Le GEMTROT argumente sur le transport du sperme (avril 2005)

Rencontre avec Jacques Boully (19 février 2005)

Zéro pointé (2 février 2005)

Lettre ouverte au Président de la SECF (8 janvier 2005)

Trop de règles… dérègle le trot ! (décembre 2004)

Le hasard a besoin d’être aidé ! (septembre 2004)

Le GEMTROT, l’efficacité au service de notre passion (27 août 2004)

Inbreeding… in dépression (18 mars 2004)

L’argent ne fait pas le bonheur… mais… (13 mars 2004)