L'argent ne fait
pas le bonheur,
mais...
L’examen lucide
des résultats de la filière « cheval de
course trotteur » confirme l’âpreté de la compétition et ses
conséquences
économiques quant au coût du loisir élevage.
Sur 3
naissances, 1 seul cheval aura son permis de courir et
1 seul également, mais sur 10 naissances, passera le cap de la
rentabilité pour
le naisseur. Dans ces conditions, on ne sera pas étonné de constater
qu’en
moyenne l’éleveur de trotteur pratique une activité déficitaire.
Certes, de nombreux
petits éleveurs obtiennent quelques résultats les gratifiant de la dose
d’émotion recherchée, sans pour autant atteindre l’équilibre financier.
En
d’autres termes, cette perte financière est le prix à payer pour
obtenir le
plaisir procuré par l’exercice de l’art. Il est aisé de comprendre que
si la
majorité des élevages n’a qu’une ou deux poulinières, c’est pour mieux
supporter
Pour être plus
précis, la situation d’un petit élevage peut
s’appréhender à la lumière d’une simulation économique hors temps de
travail de
l’amateur. Partant de données statistiques telles que la moyenne des
gains par
naissance à hauteur d’environ 13 000 € ainsi que des autres valeurs
moyennes
des coûts et recettes de l’élevage, il est aisé de déduire que cette
activité
induit une perte approximative et moyenne de 3 500 € par yearling.
Prenons le cas
théorique et plausible d’un éleveur dont la
qualité de l’élevage ne se situe plus dans la moyenne mais qui, grâce à
un
travail méthodique, opiniâtre et judicieux, s’est hissé au seuil des 10
%
meilleurs. Il peut alors prétendre à quasiment doubler le gain moyen de
ses
produits par rapport à l’éleveur moyen et ainsi atteindre le seuil de
rentabilité.
Si l’on admet
qu’avec le temps comme allié, la chance est
égale pour tous, l’avenir est entre nos mains. Il ne faudra donc plus
agir en
fonction de croyances, de raisonnements simplistes par analogie ou de
pulsions.
Il faudra rechercher des modes d’action dont la pertinence est
scientifiquement
prouvée. En particulier, concernant l’évolution du potentiel génétique,
deux
concepts doivent retenir notre attention et donc être complètement
assimilés.
En premier lieu, les probabilités qui sont des outils mathématiques
abstraits
et rébarbatifs pour le profane mais d’une redoutable efficacité pour
gérer des
évènements imparfaitement maîtrisés, comme cela est le cas en élevage.
De plus
le vivant, dans son évolution génétique, impose les notions de génotype
(potentiel génétique inscrit dans les cellules et transmissible aux
descendants) et de phénotype (caractères et performances exprimés par
un
individu et conséquence de son génotype mais aussi du milieu auquel il
est
assujetti). Mais cela est une autre histoire…
Si la raison
guide la passion, le plaisir en sera décuplé.
Une véritable stratégie génétique, s’appuyant sur
des outils objectifs et rationnels, optimisera les chances de réussite.
Ce
n’est pas parce que l’on aime qu’il ne faut
pas
compter !