Accueil     Retour Edito

Le hasard a besoin d’être aidé !

Dans un contexte de compétition sévère, trop d’éleveurs pensent avoir fait naître et élevé un champion. C’est bien connu, les déboires sont toujours de la faute des autres…

Commençons par balayer devant notre porte. Comment se situe notre poulinière dans la population nationale au niveau potentiel génétique ? Comment sont choisis les étalons ? Mes élèves ont-il le bon équilibre énergie/matière azotée ? Quelle est la qualité du foin distribué ?...

Autant de questions importantes qui concourent à la réussite ou à la débâcle. Une défaillance sur un point majeur et tous les efforts par ailleurs sont ruinés.

Notre point commun est la passion. Nous savons tous le plaisir procuré par l’achat d’un sujet, le choix d’un étalon ou la naissance. Quant à la qualification ou la première victoire, c’est le couronnement. Notre enthousiasme est nourri par l’espoir… Mais c’est également bien connu, la passion est mauvaise conseillère, car elle nous conduit à trop de rêve et de précipitation. Elle anesthésie nos facultés de raisonnement et nous conduit à jouer à la loterie, pire, parfois elle initie, afin de se donner bonne conscience, l’invention de pseudo raisonnements, de recettes miracles dont on ne vérifiera, que malheureusement trop tard, l’inefficacité.

Le hasard tente d’expliquer l’inexplicable. Il qualifie notre ignorance. Si le hasard s’invite en génétique, les moyens modernes permettent d’en avoir une relative maîtrise. Les scientifiques parlent « d’aléas de la méiose » pour expliquer la répartition au hasard des gènes lors de l’élaboration des spermatozoïdes ou ovocytes d’un géniteur. Cela explique les différences génétiques dans une fratrie. Cependant il est toujours possible d’évaluer le potentiel qui a le plus de chance d’être transmis. Le résultat se vérifiera alors sur plusieurs cas. Ce qui est conforme à notre intérêt économique.

Saisissons l’opportunité qui nous est donnée de travailler ensemble en s’appropriant les techniques les plus efficaces dans notre domaine. Sachons marier passion et raison. Nous devrions, dans une ambiance conviviale, partager nos expériences, améliorer nos résultats, que nous mesurerons, et décupler ainsi notre plaisir.

Jacques Boully, septembre 2004