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Qu’est-ce qui fait le prix d’un yearling ?

 Nous avons réalisé un sondage à 10 %, en prélevant un échantillon aléatoire de 54 « Q » vendus aux ventes aux enchères publiques les 7 et 8 septembre par Trotting Promotion à Vincennes ainsi que les 14 et 15 septembre par l’AFT à Deauville, cette année 2005.

 13 caractéristiques relatives à ces lots vendus ont été étudiées. Deux approches ont été réalisées :

 Cet échantillon a été reparti en 4 classes d’effectifs sensiblement égaux dont les bornes des prix de vente sont :

  La notoriété du père conditionne largement le prix de vente. Le prix de saillie de ce père (r=0,65) a l’effet le plus significatif et de façon assez continue. Sa valeur moyenne pour chaque classe montre la progression suivante : 3 572, 5 679, 6 022 et 9 336 €. Le BTR du père (r=0,37) ainsi que son classement percentile sur le taux de ses produits qualifiés corrigé en équivalent âge 3 ans (r=-0,35) ont également un effet significatif. Notons cependant que l’effet n’est pas perceptible entre les 1ère et 2e classes mais est très évident à partir de la 3e classe et entre celle-ci et la 4e. Ainsi dans la 4e classe (prix de vente de 29 à 70 000 €) les pères, en moyenne, ont un BTR de 53 et se hissent dans les 4 % meilleurs étalons sur le taux de produits qualifiés. Le total des gains des pères (r=0,32) a un effet visible, surtout dans les classes extrêmes, tandis que le record de réduction kilométrique   (r=-0,28) n’a pas d’effet très visible par classe.

 La mère conditionne également le prix de vente mais, globalement, de façon moins marquée que le père. Le caractère le plus significatif la concernant est son taux de produits qualifiés (r=0,34). Ainsi dans la 1ère classe (prix de vente : 3 à 10 000 €), il est de 52 %, il passe à 78 % dans la 2e (11 à 20 000 €) et plafonne aux environs de 80 % dans les 3e et 4e (21 à 70 000 €). Le gain propre de la mère (r=0,22) a surtout un effet sur la 4e classe de prix élevés. Le gain moyen des mères par classe de prix de vente du yearling est de 20 à 41 000 € pour les 3 premières classes tandis qu’il monte à 71 440 pour la 4e. Le gain moyen des produits des mères (r=0,28) a un effet sur les 1ère, 2e et 3e classes alors qu’il est sans effet entre la 3e et la 4e. Nous n’avons pas constaté d’effet concernant le record de réduction kilométrique des mères ou les gains de leur meilleur produit.

 Enfin remarquons que le BTR du sujet vendu a, légitimement, un effet positif marqué (r=0,53) qui s’observe dans les classes extrêmes de prix de vente. Il passe de 40, dans la 1ère classe, à 41 dans les 2e et 3e classes, pour arriver à 45 dans la 4e. Cet effet est logique puisque cet indicateur, qui estime la valeur génétique de ces yearlings, exprime également, en grande partie, la notoriété de ses parents.

 L’expérience intuitive nous rappelle que le modèle des sujets à vendre a également un effet positif sur le prix de vente mais nous n’avons pu en mesurer le poids, faute de disposer d’appréciations sur ce critère.

 En conclusion, nous remarquons que si la notoriété des parents est un facteur évidemment important dans le prix de vente d’un yearling, celle du père en rapport avec son prix de saillie est majeure. Des caractéristiques telles que le BTR du père ou son taux de produits qualifiés ont des effets favorables sur les meilleures classes de prix de vente alors que le taux de produits qualifiés de la mère montre un effet favorable sur les classes les plus faibles. On peut oser suggérer que, sur des mères qui ont prouvé leur potentiel sur descendance, il est, en moyenne, hautement rentable d’utiliser de très bons étalons en assurant, entre autres, un excellent BTR pour avoir la génétique en plus de la notoriété !

En effet, si dans la 4e classe le coût moyen de saillie de 9 336 € est relativement élevé, le produit est vendu en moyenne 45 357 € (de 29 à 70 000 €) mais avec des exigences moyennes telles que : mères avec 80 % de produits qualifiés, pères avec un BTR de 53, se classant dans les 4 % meilleurs étalons sur le taux de produits qualifiés corrigé en équivalent 3 ans et BTR de 45 pour les sujets vendus.

Le Président, Jacques BOULLY  (AtouTrot N°8 de décembre 2006)